"Les plus beaux paradis sont ceux qu'on a perdus", lê-se na entrada desta homenagem de Pierre Bergé a Yves Saint-Laurent patente no Petit Palais em Paris. No meio deste infernal "registo" médio e abaixo de médio que se vive por todo o lado, coisas destas têm o sabor de uma época perdida para sempre. No fundo Bergé, podendo fazê-lo publicamente, prolonga sob aquela forma o seu amor por Laurent como se ele estivesse vivo. Isto contraria Duras quando escreveu que todo o amor é luto do amor. Laurent gostava de homens mas amava as mulheres a quem dedicou, afinal, a obra da sua vida e a vida da sua obra. Mitterrand considerava-o um dos maiores de França. Em certo sentido foi-o precisamente pelo que ficou dito sobre tal obra e tal vida. Fora do museu, a turba ululante marchava para o Trocadero para ver a bola numa tela gigante porque a vulgaridade é insidiosa como a mancha negra de Obama. Repito, algo desapareceu sem volta. Les plus beaux paradis sont ceux qu'on a perdus.
«Um trem de ferro é uma coisa mecânica, mas atravessa a noite, a madrugada, o dia, atravessou minha vida.» Adélia Prado
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15.6.10
SEM VOLTA
"Les plus beaux paradis sont ceux qu'on a perdus", lê-se na entrada desta homenagem de Pierre Bergé a Yves Saint-Laurent patente no Petit Palais em Paris. No meio deste infernal "registo" médio e abaixo de médio que se vive por todo o lado, coisas destas têm o sabor de uma época perdida para sempre. No fundo Bergé, podendo fazê-lo publicamente, prolonga sob aquela forma o seu amor por Laurent como se ele estivesse vivo. Isto contraria Duras quando escreveu que todo o amor é luto do amor. Laurent gostava de homens mas amava as mulheres a quem dedicou, afinal, a obra da sua vida e a vida da sua obra. Mitterrand considerava-o um dos maiores de França. Em certo sentido foi-o precisamente pelo que ficou dito sobre tal obra e tal vida. Fora do museu, a turba ululante marchava para o Trocadero para ver a bola numa tela gigante porque a vulgaridade é insidiosa como a mancha negra de Obama. Repito, algo desapareceu sem volta. Les plus beaux paradis sont ceux qu'on a perdus.
7.4.10
YSL EM PARIS
Em Paris, mais propriamente no Museu de Belas Artes (dito Petit Palais), está "patente" (que termo horroroso) até 29 de Agosto uma retrospectiva do trabalho de Yves Saint Laurent, intitulada Uma Modernidade Intemporal. Os franceses são muito dados a celebrar os seus mortos com circunstância e embora este seja recente (morreu em Junho de 2008), experimentou várias mortes em vida. Parace paradoxal num homem que se dedicou a embelezar o mundo mas o paradoxo desaparece se pensarmos que todos aqueles que fizeram disso uma vida estiveram, afinal, sempre a tratar da morte. Neste sentido, YSL teria qualquer coisa de "filósofo" e muito pouco de comerciante de belos trapos. Esta parte ficou para Pierre Bergé, o companheiro socialista e mundano, que fez de YSL mais uma propriedade sua do que alguém que apenas dormia com a pessoa que amava. Mas isso é mais da vida, da nossa vida, e YSL era manifestamente de ailleurs. «Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J'ai connu la peur et la terrible solitude. Les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants. La prison de la dépression et celle des maisons de santé. De tout cela, un jour je suis sorti, ébloui mais dégrisé. Marcel Proust m'avait appris que "la magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre". J'ai, sans le savoir, fait parti de cette famille. C'est la mienne. Je n'ai pas choisi cette lignée fatale, pourtant c'est grâce à elle que je me suis élevé dans le ciel de la création, que j'ai côtoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud, que je me suis trouvé et compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même.» Não sei se acabou por se encontrar consigo mesmo como desejava. Talvez não. A raça altiva a que pertencia não tem facilidades dessas gravadas no código genético. Apenas solidão e vazio. E o que é que isso importou? YSL EM PARIS
Em Paris, mais propriamente no Museu de Belas Artes (dito Petit Palais), está "patente" (que termo horroroso) até 29 de Agosto uma retrospectiva do trabalho de Yves Saint Laurent, intitulada Uma Modernidade Intemporal. Os franceses são muito dados a celebrar os seus mortos com circunstância e embora este seja recente (morreu em Junho de 2008), experimentou várias mortes em vida. Parace paradoxal num homem que se dedicou a embelezar o mundo mas o paradoxo desaparece se pensarmos que todos aqueles que fizeram disso uma vida estiveram, afinal, sempre a tratar da morte. Neste sentido, YSL teria qualquer coisa de "filósofo" e muito pouco de comerciante de belos trapos. Esta parte ficou para Pierre Bergé, o companheiro socialista e mundano, que fez de YSL mais uma propriedade sua do que alguém que apenas dormia com a pessoa que amava. Mas isso é mais da vida, da nossa vida, e YSL era manifestamente de ailleurs. «Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J'ai connu la peur et la terrible solitude. Les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants. La prison de la dépression et celle des maisons de santé. De tout cela, un jour je suis sorti, ébloui mais dégrisé. Marcel Proust m'avait appris que "la magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre". J'ai, sans le savoir, fait parti de cette famille. C'est la mienne. Je n'ai pas choisi cette lignée fatale, pourtant c'est grâce à elle que je me suis élevé dans le ciel de la création, que j'ai côtoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud, que je me suis trouvé et compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même.» Não sei se acabou por se encontrar consigo mesmo como desejava. Talvez não. A raça altiva a que pertencia não tem facilidades dessas gravadas no código genético. Apenas solidão e vazio. E o que é que isso importou? 2.6.08
YVES SAINT-LAURENT (1936-2008)

Quando se despediu do mundo da "alta costura", Yves Saint-Laurent proferiu perante os jornalistas umas breves, intensas e belas palavras que aqui relembro em parte. Uma figura.
«J'ai vécu pour mon métier et par mon métier. En ouvrant en 1966, pour la première fois au monde, une boutique de prêt-à-porter à l'enseigne d'un grand couturier, j'ai conscience d'avoir fait progresser la mode de mon temps et d'avoir permis aux femmes d'accéder à un univers jusque-là interdit. Comme Chanel, j'ai toujours accepté la copie et je suis très fier que les femmes du monde entier portent des tailleurs-pantalons, des smokings, des cabans, des trench-coats. Je me dis que j'ai participé à la transformation de mon époque. Je l'ai fait avec des vêtements, ce qui est sûrement moins important que la musique, l'architecture, la peinture et bien d'autres arts. On me pardonnera d'en tirer vanité (...). J'ai voulu me mettre au service des femmes. C'est-à-dire les servir. Servir leur corps, leurs gestes, leurs attitudes, leur vie. J'ai voulu les accompagner dans ce grand mouvement de libération que connu le siècle dernier.(...) J'ai conscience d'avoir, pendant ces longues années, accompli mon travail avec rigueur et exigence. Sans concessions. J'ai toujours placé au-dessus de tout le respect de ce métier qui n'est pas tout à fait un art mais qui a besoin d'un artiste pour exister. Je pense que je n'ai pas trahi l'adolescent qui montra ses premiers croquis à Christian Dior avec une foi et une conviction inébranlables. Cette foi et cette conviction ne m'ont jamais quitté. Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J'ai connu la peur et la terrible solitude. Les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants. La prison de la dépression et celle des maisons de santé. De tout cela, un jour je suis sorti, ébloui mais dégrisé. Marcel Proust m'avait appris que "la magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre". J'ai, sans le savoir, fait parti de cette famille. C'est la mienne. Je n'ai pas choisi cette lignée fatale, pourtant c'est grâce à elle que je me suis élevé dans le ciel de la création, que j'ai côtoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud, que je me suis trouvé et compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même. Pourtant j'ai choisi aujourd'hui de dire adieu à ce métier que j'ai tant aimé.»
YVES SAINT-LAURENT (1936-2008)

Quando se despediu do mundo da "alta costura", Yves Saint-Laurent proferiu perante os jornalistas umas breves, intensas e belas palavras que aqui relembro em parte. Uma figura.
«J'ai vécu pour mon métier et par mon métier. En ouvrant en 1966, pour la première fois au monde, une boutique de prêt-à-porter à l'enseigne d'un grand couturier, j'ai conscience d'avoir fait progresser la mode de mon temps et d'avoir permis aux femmes d'accéder à un univers jusque-là interdit. Comme Chanel, j'ai toujours accepté la copie et je suis très fier que les femmes du monde entier portent des tailleurs-pantalons, des smokings, des cabans, des trench-coats. Je me dis que j'ai participé à la transformation de mon époque. Je l'ai fait avec des vêtements, ce qui est sûrement moins important que la musique, l'architecture, la peinture et bien d'autres arts. On me pardonnera d'en tirer vanité (...). J'ai voulu me mettre au service des femmes. C'est-à-dire les servir. Servir leur corps, leurs gestes, leurs attitudes, leur vie. J'ai voulu les accompagner dans ce grand mouvement de libération que connu le siècle dernier.(...) J'ai conscience d'avoir, pendant ces longues années, accompli mon travail avec rigueur et exigence. Sans concessions. J'ai toujours placé au-dessus de tout le respect de ce métier qui n'est pas tout à fait un art mais qui a besoin d'un artiste pour exister. Je pense que je n'ai pas trahi l'adolescent qui montra ses premiers croquis à Christian Dior avec une foi et une conviction inébranlables. Cette foi et cette conviction ne m'ont jamais quitté. Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J'ai connu la peur et la terrible solitude. Les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants. La prison de la dépression et celle des maisons de santé. De tout cela, un jour je suis sorti, ébloui mais dégrisé. Marcel Proust m'avait appris que "la magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre". J'ai, sans le savoir, fait parti de cette famille. C'est la mienne. Je n'ai pas choisi cette lignée fatale, pourtant c'est grâce à elle que je me suis élevé dans le ciel de la création, que j'ai côtoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud, que je me suis trouvé et compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même. Pourtant j'ai choisi aujourd'hui de dire adieu à ce métier que j'ai tant aimé.»
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